vendredi 18 juin 2010

C'est fini

Ça fait quelque temps que je n'ai plus écrit dans ce blog...

En fait, de gentils petits parasites avaient décidé d'élire domicile dans mon corps depuis plus d'un mois. Suite à un séjour relativement long à l'hôpital, j'ai pris la décision de revenir au Qc plus vite que prévu, la semaine prochaine en fait.

Ce fût difficile mais ma santé reste la priorité.


Merci sincèrement pour tous les bons commentaires, les encouragements et pour votre présence!


Pour terminer en beauté, voici un pêle-mêle de remarques et observations insolites:


  • On fait la bise à tout le monde au bureau, tous les matins, tous les après-midi.

  • Le concept de temps est disons..large et cyclique...

  • A La Paz, on fait 1 seule bise

  • On souhaite bon appétit...après le repas

  • Le concept d'écouteurs au bureau est non-existant = musique latine (souvent des années 1980) à plein régime dans le bureau où on est 7....

  • Dans les longs trajets d'autobus, y a toujours un monsieur qui se lève et se met à discourir pour vendre un produit naturel ou vanter une religion pendant au moins 30 min...et on doit subir, on est coincé dans notre banc.

  • Eau chaude= rare

  • Il faut TOUJOURS avoir du papier hygiénique sur soi...

  • L'humour bolivien et québécois sont plus ou moins compatibles...

  • 30km de route cahoteuse = 2h de char

  • La Bolivie a l'armée navale la plus grande au monde...pour un pays qui n'a pas accès à la mer.

    Un passage dans une « mobilidad » (mini-van) = 0,15$

    Un trajet de taxi de 20 minutes = 1,71$

    Un souper dans un bon resto = 6,45$

    Une bouteille de vin bolivien = 1,30$

    Un journal= 0,71$

    Une paire de bottes = 40$

    Voir une bolivienne avec une casquette des Canadiens (mais qui ne sait sûrement pas la forte symbolique de ce logo) = ça n'a pas de prix




mercredi 26 mai 2010

La jungle

Ouf, ça sonne chaude, tropical, humide, follement exotique. C'est vrai. J'ai eu la chance de passer un petit week-end rapide dans la selva, la jungle bolivienne, au nord du pays, vers le Brésil.

En 45 minutes de vol (versus 18h d'autobus!), on change de monde. Au revoir manque d'oxygène, air sec, roches et cactus, bonjour aux arbres gigantissimes, aux lianes étouffantes, aux plantes toxiques et autres perroquets. Après 3 h de pirogue, nous sommes arrivées à un petit camp (isolé et sans électricité) pour y passer la nuit (sans ma frontale, qui j'ai oubliée évidemment). C'est dépaysant de voir tout au long du fleuve Beni des petites communautés avec lesquelles le seul moyen de transport avec le reste du monde est la pirogue à moteur!



Nous avons pu découvrir plusieurs plantes aux propriétés médicinales et fruits exotiques comestibles. Pour résumer, la jungle avec ses fougères géantes me fait penser à une forêt du temps jurassique, on ne serait presque pas surpris d'y voir sortir un dinosaure...


Qui dit tropical dit...rreeelllaaaxxxx. Les habitants de la province du Béni, sont très différents de La Paz et n'ont pas les mêmes origines indigènes non plus. Il n'est plus question ici de culture andine, mais bien d'un mode de vie « amazonien »? Comme vous le voyez, à Rurrenabaque, on est bien loin d'une métropole :
Rurrenabaque
Ça c'est l'aéroport avec une piste...gazonnée

Quand le casse-croûte de l'aéroport a un hamac...

Lors de notre passage, le village souffrait d'un manque de carburant et d'aliments puisque la route principale de marchandise était bloquée depuis 2 semaines. Hé oui, je me rends compte qu'en Bolivie (à La Paz comme ailleurs), les manifestations de toutes sortes et autres barrages de route font partie de la vie et faut vivre avec! Au cours des dernières semaines, il y a eu des marches (pacifiques n'ayez crainte, mais avec des pétards qui pètent sacrément fort!) quasiment tous les jours au centre-ville pour mille et une raisons qui m'échappent mais qui se rapportent surtout à des hausses de salaire trop peu élevées.

Voilà pour l'instant
à bientôt

vendredi 14 mai 2010

Incontournable

On les appelle les « cholitas », ces femmes d'origine indigène (majoritairement Aymara) qui dévalent les rues arborant ces vêtements colorés et tellement caractéristiques de la Bolivie. En gros, on ne peut pas les rater, elles sont partout! Eh non, les cholitas sont loin d'être là seulement dans le quartier touristique pour charmer les voyageurs de passage. Selon mon humble estimation, je dirais qu'environ 10-15% des femmes que je vois dans la rue sont vêtues en vêtements traditionnels. Si l'on fait un tour à la campagne, c'est beaucoup beaucoup plus!


Bon, ça a l'air de quoi au juste?

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Senora Incarnacion


Réunion de femmes

Au sommet sur les peuples indigènes

Commençons par la tête : un chapeau « melon » typique (sur les têtes depuis 1920), de couleur noir ou kaki (posé en équilibre s'il-vous-plait!) et 2 longues tresses de cheveux noirs souvent nouées ensembles. Vraiment, une cholita aux cheveux cours, ça n'existe pas! Peu importe la température, ces femmes portent le manta, un châle à franges sur leurs épaules et pas moins de...quatre épaisseurs de jupes colorés que l'on nomme polleras. Hiver comme été, pluie ou soleil, les cholitas sont chaussées de petits souliers en plastique ou en cuir et s'il fait vraiment froid, elle peuvent ajouter des « leg warmers » en laine d'alpagua et ultimement, une tuque.


Pour le transport, une sorte de tissu rose ou vert à motif fait office de sac à dos, franchement, ça a l'air assez pratique sauf pour l'identifier. Dans l'autobus, il y en a 20 côtes à côte, tous identique, je soupçonne les cholitas d'avoir la capacité de voir à travers les tissus...


D'où vient cet accoutrement? En gros, ça vient de la mode espagnole du 18e siècle. Au cours de la colonisation espagnole, les femmes indigènes étaient obligées de porter ce costume par décret. Au départ, le terme cholita était réservé aux femmes de la campagne venue s'établir en ville, mais maintenant, il réfère plutôt aux femmes indigènes urbaines fières de leurs origines.


À la demande de certains (elles vont se reconnaître), je glisse mot sur mon état de santé: Ça n'a pas été facile à mon arrivée et j'ai dû d'ailleurs faire un petit tour à l'hôpital pour subir la pire injection intra-glutéale (à vous de chercher où se trouve le muscle glutéal!) de ma vie! Ça vous laisse 6 h à voir embrouillé et à ne pas pouvoir saliver. Quand personne ne vous prévient des effets secondaires, c'est un peu paniquant :)...Mais pour l'instant, tout semble être relativement rentré dans l'ordre.


Je suis allée faire un tour dans la jungle mystérieuse la semaine passée, ça sera mon prochain sujet!


À bientôt

mercredi 28 avril 2010

Une des guerres de l'eau

Il est probable que quelques-uns d'entre vous aient déjà vu le film « The Corporation », documentaire-choc sur l'emprise des multinationales sur notre monde. On y traite de la « Guerre de l'eau » qui a pris place en Bolivie en 2000. Plus précisément, c'est à Cochabamba (ça sonne exotique non?) que se sont déroulées les plus grandes démonstrations de mécontentement face à la privatisation sauvage de l'eau.

Loin de moi l'idée de vous expliquer en long et en large toutes les affres politiques, sociales et économiques de cette « guerre » mais honnêtement, ça vaut tout de même quelques petites lignes!

Il faut savoir tout d'abord que l'économie bolivienne a toujours été précaire et au cours des années 80 et 90, le gouvernement a dû se tourner vers la Banque Mondiale pour éviter un crash monétaire, résultat: la téléphonie, le réseau ferroviaire, l'industrie pétrolière et la compagnie nationale d'aviation ont été privatisés. Subséquemment, La Banque Mondiale a menacé de ne plus soutenir l'économie si la Bolivie ne privatisait pas sa gestion de l'eau. Résultat: Aguas del Tunari (consortium de différentes entités principalement étrangères) détient le monopole de la gestion de l'eau et les prix grimpent dangereusement. Une grande proportion des habitants ne peuvent plus payer les factures (20$/mois quand le salaire mensuel moyen est de 70$, ça fait mal).

La goutte qui a fait déborder le vase? La compagnie Aguas del Tunari a coupé l'accès aux mauvais payeurs. Pour résumer la suite, il y a eu des protestations monstres dans toute la ville de Cochabamba tant et si bien que la ville a été littéralement « fermée » pendant 4 jours. Les grèves et manifestations se sont étendues partout au pays et le gouvernement a dû déclarer l'État d'urgence. Après moult violences, le contrat de privatisation fût finalement révoqué et tout est « relativement » rentré dans l'ordre. C'est ce qu'on nomme la « Cochabamba Water War ».

Pourquoi je vous parle de tout cela? Parce que j'ai eu la chance d'aller à Cochabamba la semaine passée pour le Congrès mondial sur les Changements Climatiques et les droits des Peuples indigènes et de la Terre-Mère. Ce fût une semaine enrichissante et j'ai eu l'opportunité de voir et d'entendre un des fameux discours du président Evo Morales (controversé premier président autochtone Bolivien, chef du parti Mouvement vers le Socialisme, connu pour ses discours enflammés et....interminables).
Cholitas (femmes avec les habits traditionnels)
Hommes dans la foule
Empanadas (pâtés farcis) omniprésents partout!

Les moments « forts » du discours? Il a stipulé que la calvitie est causée par les aliments transgéniques puisque les Européens en souffrent, mais pas les Boliviens !? De plus, ce seraient les hormones féminines injectées dans les poulets qui expliqueraient l'homosexualité...ouf...sans commentaire! Malheureusement, c'est tout ce que les médias internationaux ont retenu de cet événement.

Ouf, assez parlé!

À bientôt!

mardi 20 avril 2010

    « Take me, to the magic of the moment on a glory night.. » «We are the world, we are the childrens... »

    « Gonna have to face that you're addicted to love. » « Come on baby, come on over, let me the one who show you.. » « First I was afraid, I was petrefied.... »

Vous avez reconnu quelques paroles? Avis aux nostalgiques musicaux des années 80 et 90, les cafés branchés de La Paz et les lobby d'hôtel feront vibrer vos oreilles de plaisir! Quoi de mieux que de siroter sa tasse de thé au son des Scorpions, de manger ses céréales en battant de la cuillère avec les Bee Gees, ou de faire son épicerie avec Michael? Je vous le demande. Bien sûr, la musique andine (charango, flûtes) s'entend partout mais ça c'est moins drôle, on s'y attend, c'est juste normal.

Voilà pour cet intermède musical, plus de choses sérieuses à venir bientôt...

P.S. The Scorpions (les vrais!) seront d'ailleurs de passage à La Paz le 16 septembre, le rêve d'une vie? Parions que toute la ville y sera!

dimanche 11 avril 2010

Calle





Elle monte ou descend, elle étend ses tentacules, elle est parfois maison, presque toujours bruyante, souvent malodorante (merci aux moteurs diesel 2-temps qui brûlent mal et semblent dater de 1960) et incarne La Paz a elle seule : la rue! On y trouve de tout : du déodorant, à l'huile à moteur, à la brochette de cœur de bœuf en passant par le DVD piraté et les sous-vêtements, mais....faites-vous à l'idée, faut chercher! Oubliez le concept de magasin à rayons grande surface où l'on trouve presque tout au même endroit. Ici, les « tiendas » (microboutiques) occupent la place d'honneur et se veulent un peu comme des dépanneurs format réduit plus ou moins placés à l'extérieur. Si je cherche des chaussettes, un tapis de bain, des écrous ou un cahier ligné, faut avoir un peu de temps devant soi et être prêt à arpenter plusieurs allées! Il existe également un énorme marché établi sur plusieurs rues et chacune avec sa spécialité: la rue de la quincaillerie, la rue des tissus, la rue des accessoires de cuisine etc.

La rue se donne également des airs de cafétéria, car de nombreux Boliviens y prennent leur repas. Particulièrement, le matin pour un genre de sandwich à la viande qui me semble plus ou moins appétissant, aussi vers 11h pour un « empanada » (petit pâté fourré au fromage ou à la viande) ou à l'heure du lunch accroupis sur le bord des trottoirs (souvent les enfants sur leur pause du midi et les femmes qui tiennent les microboutiques). Bref, ça grouille, ça parle, ça klaxonne, ça klaxonne et ça klaxonne encore!

Parenthèse: le klaxon est LE moyen universel pour communiquer ses intentions à bord d'un véhicule: J'arrive! Je tourne! Je ne tourne pas! Je vais te dépasser par la gauche! Est-ce que ce mouvement de la main veut dire que t'embarques dans mon taxi? Plus vite! Moins vite! Attention! Etc. Suffit de décoder semble-t-il.

Côté plus sérieux, j'ai commencé à travailler au sein de l'AOPEB depuis maintenant quelques jours. Plus précisément, l'Association des Organisations des Producteurs Écologiques de Bolivie concentre ses efforts sur le commerce équitable, la préservation de l'environnement et du mode de vie sain et ancestral des campesinos (traduit par campagnards?). J'imagine que j'aurai amplement l'occasion de traiter de ces sujets au cours des prochains mois.



Je vais tenter de dépeindre ce que je comprends de la Bolivie à travers différentes chroniques thématiques au cours de mon séjour, comme ça j'ai l'impression que ça aura au moins une utilité légèrement éducative!

Au plaisir d'avoir de vos nouvelles

jeudi 1 avril 2010

Zone confort

Ce qui m'a frappée en arrivant, c'est qu'une ville aussi grande (800 000 habitants peut-être?) soit nichée en plein coeur des Andes, à 3600m d'altitude! C'est incroyable non? Le climat peut y être rigoureux et surtout TRÈS changeant. En une journée c'est: gros soleil, pluie froide, nuageux, re-soleil ect. En plus, étant en altitude, le soleil est vraiment puissant. Je traîne donc toujours avec moi : parapluie, lunettes solaires et crème solaire (c'est pas un caprice, je vous le jure!).

Les transports méritent aussi d'être dignement soulignés. Ici, on a le choix entre des «minis », des « micros » (petites vans), des taxis, des taxis communautaires et des autobus. On attend au bord de la rue, on essaie de lire sur le pare-brise la direction (ou de comprendre ce que le petit gars crie par la fenêtre) et on agite la main. En bref, ça semble n'importe quoi mais c'est rapide et personnalisé en fait. La circulation c'est comme une fourmilière, tellement d'éléments que c'est difficile de croire que ça fonctionne! La zone confort des piétons avec la voiture est d'environ...5cm? Sans blague, ici le piétons n'a AUCUNE mais bien AUCUNE priorité! Aucun ralentissement n'est à prévoir si tu es dans la rue face à un véhicule, même avec de jeunes enfants. Bien sûr, je vois tout ça avec mes yeux de québécoise, je vais m'y faire!

J'ai vécu mon premier match de « fùtbol » et l'ambiance est pour le moins festive! Je crois d'ailleurs que l'autre sport national est le « marching band », les fanfares. Y en a partout, à tous moments dans la rue, au stade, le matin, le soir...

J'ai maintenant une chambre au centre-ville de La Paz (à 2 pas de la demeure présidentielle d'Evo Morales!), vous êtes cordialement invités à venir à la maison (c'est grand!) si jamais vous êtes en Amérique du Sud d'ici les 6 prochains mois.

Voilà!

P.S. Il y aura des élections départementales et municipales le jour de Pâques dans tout le pays donc....interdiction par l'État de consommer de l'alcool 24h avant les élections (et même à la maison!), c'est sérieux tout ça!